"Cet engin donc, avec quoi les garçons pissent s'appellent un vit , et quelques fois il s'entend par le membre, le manche, le nerf , le dard et la lance d'amour" . J'aime bien " la lance d'amour", l'expression me touche , ce mélange de domination guerrière et de sentiment tendre est une sorte d'idéal contrasté même si " manche" a un effet plus immédiat d'excitation humiliée.. "
extrait de "Fille" de Camille Laurens
J'avais bien aimé "Dans ces bras-là" d'elle... je l'avais trouvé, je ne sais trop où d'occaz, un jour où il pleuvait et où tout me semblait magistralement naze. Il avait été ma petite joie du jour. Ce n'était pas fabuleux non plus mais certains passages me semblaient très inspirés. Assez frustrant au fond, elle a comme des fulgurances dans l'écriture qui "retombent". Du moins, dans mon souvenir.
RépondreSupprimerEt puis il y a "Le grain des mots" :
"Car les mots ont un grain, qu'on peut toucher comme une peau, qui nous émeut comme une voix, ils ont un grain de beauté qui nous bouleverse, un grain de folie par quoi soudain le monde apparaît différent, bizarre, nouveau."
;-)
Je l'ai fini aujourd'hui.j'ai eu du mal dans la première partie puis son écriture m'a accroché et certaines images érotiques m'ont plu . J'ai noté des passages ou des fulgurances ( ton souvenir est assez juste ou en tout cas j'ai eu cette même sensation de "jet " )
RépondreSupprimerLe
C'est ce passage tout bête qui m'avait marquée :
Supprimer"Je suis l'homme.
N'est-ce pas merveilleux ? Un homme qui s'avance et qui dit : je suis l'homme.
Il faudrait pouvoir se planter en face, yeux dans les yeux, et dire : je suis la femme.
Rien d'autre -simplement ceci, tel que je vous le dis maintenant, tel que vous l'entendez :
je suis la femme."
Après c'est en référence à je ne sais plus qui, je l'ai sur le bout d'une de mes neurones à moitié grillée -pas un mec connu pour ses valeurs ultra progressistes mais très connu et qui est mort (ma description t'aide ! ^^)- qui avait écrit ou dit "je suis l'homme".
Ah.
SupprimerJe féminise neurone.
Pourquoi pas.
Je n'ai pas trouvé la référence. T'es sûre que c'est pas un homme un jour te l'a dit alors que tu lui tirais la langue ? ^^
RépondreSupprimerj'ai pensé à toi en lisant "Fille" car il y a un passage où elle décrit l'arrivée de ses fantasmes alors qu'elle est toute jeune..ils sont construits et il s'agit une "séance" de classe avec baguette et exposition à toute la classe de ses fesses , trou de ses fesses ...n'étant pas sage , son maître d'école lui enlève sa culotte et lui met dans la bouche .
Je me suis demandée si ça pouvait être si construits à 7-8 ans.
J'aurais peut-être aimé. :-)
RépondreSupprimerMais non.
Je ne l'ai pas lu. Elle intellectualise adulte, l'imagerie de son enfance peut-être. Elle y met ses intentions d'adulte si elle n'est pas seulement sur une description neutre. Outre le fait qu'on tendance à refaire sa propre histoire en vieillissant...
Mais oui, j'imagine que c'est l'âge où tu entres en construction parce que c'est aussi l'âge où ta pudeur s'installe pleinement.
Les prémices, c'était le cm2 pour moi.
Les vrais scénarios sur lesquels j'avais "la main", l'été de ma sixième.
Le truc vraiment très construit (et même beaucoup plus construit que ça n'a pu l'être par la suite et adulte parce que tu commences à te filtrer toi-même en grandissant alors qu'ado, tu n'as pas toujours ce filtre), vers mes 13-14 ans.
J'ai toujours les mêmes fantasmes.
Ce ne sont que des variantes -pas forcement avec plus de matière mais avec beaucoup plus de compréhension- de ce que j'ai déjà imaginé sous une forme ou une autre plus jeune.
A midi avec ma soeur on reparlait de notre école primaire ( qui était magnifique et tellement fantasmatique avec son préau à l'ancienne) . on avait chacune un ressenti différents sur nos instits sauf pour celui du CM2 qui avait un charisme fou pour les petites filles que nous étions. Sa craie constamment à la main , sa voix très grave et un oeil de verre ( mais qui lui amenait un charme particulier et assez enigmatique ) . c'était un peu notre capitaine Flam, notre héros. celui qui dit " je suis l'homme "
RépondreSupprimerMoi c'était un ancien couvent.
SupprimerEt la directrice était une sœur.
De longues heures sans intérêt autre que du temps pour rêvasser. C'est tout ce que je conserve en souvenir de ma scolarité. Je ne m'intéressais ni au cours, ni aux instits, je n'ai d'ailleurs aucun souvenir d'elles, si ce n'est celle de ma grande section dont j'ai le moindre détail en tête.
Et c'est certainement la seule année où j'ai eu du plaisir à venir à l'école.
Mais j'aimais beaucoup la récré.
Je n'ai pas non plus le souvenir de m'être dit que tel homme était plus homme qu'un autre... En primaire, je crois que les hommes adultes ne me semblaient pas avoir de place importante particulière. Ce sont des femmes qui ont peuplé mon enfance. Ce sont elles qui s'occupaient de moi, me faisaient rire, m'offraient des cadeaux, me soignaient, étaient attentives, m'emmenaient à droite et à gauche, répondaient à mes questions, avec qui je partais en vacances et qui s'entraidaient les unes les autres. Au fond, cette image reste et elle est, à un certain endroit, gravée dans ce que je suis également. J'ai toujours été naturellement plus attentive aux femmes et plus réceptives à ce qu'elles disaient. Je me sens émotionnellement beaucoup plus distante des hommes... même si pas trop-trop érotiquement.
Je suis la femme me parle beaucoup plus.
Mais le "Je suis la femme" de Camille Laurens est bancale sans un "Je suis l'homme". J'avais retenu ce passage, non pour ce qu'il est, mais parce que ce déséquilibre, à un moment ou à un autre -voire dans des tas de moments de la vie d'une femme- je crois qu'on l'a toutes plus ou moins ressentie, que c'est un sujet de discussion récurent ou qui, en tout cas, l'a été dans ma vie, que ce soit me concernant ou que cela concerne mes amies.
et est ce que dans vos discussions vous évoquiez " la bancalité" dans l'autre sens? Je suis homme , bancale sans un je suis la femme?
RépondreSupprimerJe n'ai pas grandi dans une imprégnation féminine et pourtant avec des figures maternelles autour de moi. ni masculine non plus d'ailleurs. Mon instit de CP, une femme aux cheveux longs juqu'à la taille me fascinait tout autant que mon maitre de CM2. J'avais sans doute cette fascintation adulte , de croire qu'ils savaient tout et étaient plus puissants que moi.
tu as donc ressenti la sororité bien avant que ça soit un mot qui explose de partout .
Paul Claudel !
RépondreSupprimer"J'ai les mains agréables.
Vous savez très bien que vous ne trouverez pas ailleurs qu'avec moi la force qu'il vous faut et que je suis l'homme."
;-)
Ahhhh mais le reste va très bien avec cette conclusion.
RépondreSupprimerLe mec qui me dit ça, je fonds comme un Glacon
ah ah, ça dépend vraiment qui de mon côté.
SupprimerMais oui... voilà...