Je rêve régulièrement que je suis réquisitionnée pour partir bosser à l'hôpital. J'ai quitté le milieu hospitalier sur un burn out il y a plus de 10 ans . En quelques minutes, je ne pouvais plus exercer. Vous m'auriez demandé une semaine avant ce que je pensais de mon métier, j'aurais dit que tout allait bien . Tout à l'heure j'étais au bord des larmes en voiture en imaginant les mots que je mettrais ici. Et puis là , ils ne reviennent pas. Ce métier d'infirmière est" incroyable". Difficile d'expliquer que quotidiennement , on est confronté à l'Humain . Au plus profondèment . Quand j'ai quitté le métier, j'étais très en colère contre lui. J'étais en colère contre cette docilité, cette abnégation, Comment peut on accepter tout ça ? L'image de la bonne soeur dévouée colle à la peau de cette profession. Je suis extrêment impressionnée par l'hôpital qui a su ( tout seul) s'adapter. C'est plus qu'un applaudissement.
Le point commun dans tout ça? la sensualité je dirais. Le plaisir des sens.
Et ce plaisir là , ce n'est pas au bon endroit que je l'ai cherché. Il y avait quelque chose de trop violent pour moi, trop direct et sans filet. Dans ma vie privée oui, mais dans ma vie professionnelle non.
Et ce plaisir là , ce n'est pas au bon endroit que je l'ai cherché. Il y avait quelque chose de trop violent pour moi, trop direct et sans filet. Dans ma vie privée oui, mais dans ma vie professionnelle non.
Tu me sembles toute étrange dans ce billet Choupette.
RépondreSupprimerCela ne sert à rien si je te dis de ne pas culpabiliser j'imagine... ça ne sert jamais à rien quand on dit ce genre de chose mais je peux tout de même te le dire et te le répéter. Je suis assez bonne pour répéter les choses. Et puis pour les re répéter en faisant style que je ne l'ai pas fait en plus. Mes répétitions sont magiques.
"Tout sentait bon , tout était doux."
Je ressens la même chose, pour mes grands-mères, pour mon arrière grand-père. Pour mes grandes-tantes et oncles aussi (13 frères et sœurs pour une de mes grands-mères, tous mariés sauf un, ça fait pas mal de monde... surtout quand tu habites entre une à-oula- bien trois rues d'écart)
Je n'aurais jamais pu être infirmière, je me sens trop perméable au gens, aux choses, bien trop mal quand je ressens de la détresse autour de moi... et je m'en suis rendu compte très rapidement, au point de m'assurer de côtoyer quotidiennement des univers légers.
C'était le grand rêve de ma grand-mère maternelle, d'être infirmière, et son plus grand regret. Ce n'était pas le même genre de femme que moi, une espèce de force intérieure imperturbable, une matriarche. Quand elle disait quelque chose, tout le monde l'écoutait, même si elle le chuchotait. Elle aurait pu le mimer qu'on aurait tous cherché à savoir ce qu'elle voulait dire. :o)
Merci. Je me sentais pas si triste ou étrange mais c'est vrai que cette période m'a replongé dans ces années là. Et qu'au début, j'ai eu une vraie trouille qu'on me requisitionne de force ( ce qui n'était pas possible mais je n'étais pas rationnelle). L'histoire de cette profession est familiale 5 80 % de la famille l'exerce) et c'est ça qui rajoute un enjeu compliqué.
RépondreSupprimerce qui était cool hier dans la voiture, c'est que tout d'un coup je me suis rendue compte que ce que j'étais allée chercher dans cette profession, je pouvais le retrouver ailleurs . Le vivre mieux aussi et avec plus de légèreté ( tu as raison!!).
Et prendre soin des autres n'est pas que dans un hôpital. Il y a plein de façon de le faire et d'oeuvrer à un monde plus léger.
Ce que je voulais dire aussi ( et je n'ai pas réussi hier soir) c'est que c'est un métier " sensuel" avec beaucoup de corps à corps , de sensation, d'odeurs, de bruit, de gôut même. Les sens sont très en éveil . En tout cas je le vivais comme ça et j'aimais beaucoup ça. C'était ça que j'aimais et que je n'avais pas de façon si forte à l'exterieur. Aujourd'hui, j'arrive à vivre ça sans la maladie, la douleur, la peine, la mort, le stress, la responsabilité...
je voulais dire aussi que le système n'aide pas à ce qu'on trouve notre voix . On s'arrête aux notes, aux possibilités de filière, à ce qu'on connait via nos entourages. Il faudrait quelque chose qui nous aide à mieux nous connaitre pour mieux nous orienter. Je n'étais pas faite pour ce métier ( même si j'étais , je pense, une bonne infirmière). J'étais déjà tellement docile et dévouée que j'aurais dû partir vers quelque chose qui me levait cette charge là sans la perdre pour autant.
:)
Ta grand mère n'a peut être pas fait ce métier mais je suis sûre qu'elle l'a pratiqué à sa façon dans la société. et ça c'est très très utile d'avoir ces personnalités pour un meilleur équilibre social.
( allez sieste je divague ^^)
Tu ne l'étais peut-être pas, je projette, tu sais mieux que moi comment tu te sens. :-)
RépondreSupprimerJe pense qu'il y a vraiment un truc de l'ordre de ce que tu décris dans mon cas... sauf que pour ma part, j'ai commencé par un univers très opposé au tien. Au bout d'un moment et paradoxalement, ce qui est trop yoplaboom peut devenir écœurant sauf que je l'ai beaucoup aimé cet univers avant de m'en écœurer et ça m'a apporté des choses dont je mesure pleinement la valeur. C'était très formateur et j'avais besoin de cette énergie-là. Univers que je retrouve de temps en temps d'ailleurs, mais à petite dose, et pas dans les mêmes conditions.
"d'œuvrer à un monde plus léger"... j'aime beaucoup. :-) (je le pense également)
Pour le reste, ce n'est pas moi qui vais te dire le contraire. Je crois que d'entendre de mon côté "tu es tout à fait capable de" ou "mais pourquoi ne pas faire ça/aller vers ça alors que tu en as les capacités" m'a pas mal heurtée à une époque.
Les capacités, dans tous les cas, ça s'acquiert. Les notes ne veulent pas dire grand chose.
Je sais que c'est bien moins une histoire de capacité qu'une histoire de personnalité, même quand on doute sur ses capacités (et je doute souvent de mon côté). Je crois qu'il faut soi-même ressentir cette distanciation entre les deux pour comprendre réellement ce que ça signifie et implique.
C’est très difficile de s’écouter soi-même, de s’entendre, de se percevoir, de se jauger sans autrui et si les autres sont une "aide" (une aide dont on a besoin toute sa vie je crois) pour sa propre construction, peuvent être des révélateurs de soi… ils ne possèdent pas pour autant la capacité de te voir entièrement, de te percevoir dans toutes tes nuances et que ces nuances-là, ce ne sont pas des détails. Quand bien même, quand on peut percevoir ces nuances, on y mettra beaucoup fausses croyances dessus. Ces croyances sont, au mieux, limitantes, au pire, néfastes.
Elle l'a pratiqué avec sa famille en tout cas.
Pour l'équilibre social, j'ai plus de doute, ce n'était pas trop sa tasse de thé les filtres sociaux et je crois qu'elle en avait conscience sans toutefois percevoir à quel point elle pouvait être déroutante. Je crois que c'est une image assez rassurante pour moi, parce que je me sais l'être d'une autre façon et je me dis qu'elle, elle avait beau l'être, ça ne changeait en rien ce qu'on ressentait pour elle voire, très certainement, ça y participait.
j'aurais bien aimé la connaitre cette grand mère. J'aime bien les gens déroutants. ça te fait prendre des chemins de traverse :)
RépondreSupprimer( t'avais pas si tort que ça . c'était juste le mot " étrange" que je n'avais pas vu comme ça. mais finalement être entre sidération, tristesse, espoir, réflexion c'est un peu étrange si)
J'ai déjà tendance à rajouter plus de mots qu'ils n'en faut... si je me mets à détailler certains mots, là où je peux mettre un truc générique, chaud quand même.
RépondreSupprimerEt puis je me vois bien tiens "Dis donc, tu ne serais pas légèrement entre sidération, tristesse, espoir et réflexion... ???"
Même moi, si j'allais jusque-là, je me ferai flipper. ;D